SHAKERS - LIEUX D'EFFERVESCENCE / AUVERGNE-RHÔNE-ALPES // ALLIER

Julie Maquet, Il y avait des plantes, des oiseaux, des roches et des choses...

du 13 octobre au 4 novembre 2018

Vernissage : le 12 octobre à 18h30

Horaires : lundi, mardi, jeudi et vendredi de 8h à 12h et de 13h30 à 17h30, mercredi de 8h à 12h

Entrée libre et gratuite

Lieu : Orangerie du château de la Louvière, rue du Cimetière de l'Est - 03100 Montluçon

Site internet de Shakers
Site internet de Julie Maquet

D’une façon générale la pratique du volume de l'artiste, Julie Maquet, consiste à déplacer de manière poétique la fonction première d’objets utilitaires, calibrés et standardisés afin d'interroger justement les notions de standard, de norme et de conformité mises en place par le monde humain, et qui font ainsi apparaître et exister avec elles la notion de monstre et de curiosités. En fait, qui sont les monstres ?

Elle travaille avec des objets manufacturés et des matières industrielles, achetés en gros ou récupérés comme déchets directement auprès d’usines. Sans respecter les codes d’un savoir-faire particulier, elle utilise le potentiel esthétique et les propriétés physiques des objets afin de produire des subterfuges qui évoquent la nature, vecteur par lequel elle passe pour proposer ses interrogations. Ces artifices ont des formes hybrides, ambiguës et organiques, animales, végétales et minérales, avec une dimension sexuelle forte. Le déplacement des objets s'opère à travers un processus organisé d'accumulation d'un objet et de répétition d'un geste intuitif, hasardeux ou réfléchi, mais qui n'est pas sans rappeler le travail à la chaîne. Par ailleurs, elle voit souvent son travail comme une tentative d’être aussi efficace qu'une machine, sans jamais réussir à en égaler les performances et, à travers ce désir d’automatisme, ses sculptures évoquent ainsi l'épuisement du labeur et apparaissent comme des vestiges, des fragments ou des ruines. Elles prennent également la forme de trophées ou de beautés monstrueuses, ont une dimension morbide et précieuse, et renvoient toujours indirectement au corps humain. De cette façon,elle espère que le public percevra  dans ses travaux un miroir qui interroge sur notre organisation du monde, du vivant et des choses.

A l’issue de la résidence de six mois au sein de Shakers-Lieux d’effervescence, Julie a choisi d’investir l’espace d’exposition de l’Orangerie du château de la Louvière comme un écrin qui conserverait les ruines et les vestiges d’un monde. A partir d’une collecte d’objet et de matériaux réalisées sur le territoire Montluçonnais et après avoir fait une expérience sensible de ce territoire, elle s’est appropriée les codes du cabinet de curiosités de manière contemporaine pour présenter des œuvres qui, parfois, sont de l’ordre du non-identifiable et du fantastique. Oscillant entre chimères et objets du réel, mais réalisées à partir de matériaux industriels, elles sont présentées comme des restes, des morceaux et des fragments de quelque chose qui, à un moment, a existé. La frontière entre le réel et l’imaginaire n’est plus nette. Le temps y est suspendu et le caractère, parfois brut et industriel, des œuvres contraste avec la distinction de l’espace de l’Orangerie. Il s’agit donc, pour chacun, de se confronter et faire l’expérience de ce monde perdu.