GALERIE LE RÉVERBÈRE / AUVERGNE-RHÔNE-ALPES // RHÔNE

La nouvelle génération documente

du 17 mai au 20 juillet 2019

Julia de Cooker, Marion Esnault, Pierre-Elie de Pibrac, Ioanna Sakellaraki, Camille Shabestari, Emmanuel Tussore, Emilien Urbano

Vernissage : le 16 mai 2019 de 18h à 21h en présence des photographes

Horaires : du mercredi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous

Entrée libre et gratuite

Structure : Galerie Le Réverbère

Site internet de la Galerie Le Réverbère 

"La nouvelle génération documente"

"En 2018 nous avons été choisis  comme directeurs artistiques du Prix Levallois. Une de nos responsabilités a été de sélectionner 15 dossiers parmi 700 provenant de 71 pays, pour les soumettre au jury que nous avions constitué. Après de longues heures d'examen attentif, quel bonheur d'assumer sans état d'âme les 15 dossiers nominés ! La règle du jeu fait qu’un seul reçoit le Prix Levallois, un autre la Mention spéciale, et un troisième le Prix du public, 12 restent donc dans la frustration et le silence. 

Cette expérience d’immersion dans la production de la jeune génération internationale (20 - 35 ans) nous a naturellement mis face à une évidence, elles et ils — et oui plus de femmes que d'hommes parmi les candidats — utilisent majoritairement la photographie pour documenter le monde. Cette génération est entrée dans son siècle avec le choc de 2001, traumatisme qui, sans doute par la sidération qu’il a imposée, a créé une envie d’interroger ce qui les entoure. 

En 2019, un an plus tard, nous décidons de réunir 7 de ces nominés, dont les trois lauréats en concevant une exposition dédiée à cette tendance de la photographie qui documente. 

Un retour nécessaire à la sémantique s’impose : nous employons volontairement le mot documente qui signifie « instruire, enseigner » qui s’éloigne de documentaire qui désigne le fait de ne pas introduire de fiction. De fait, pour nous, ces photographes échappent au courant que la photographie dite contemporaine a nommé le "nouveau documentaire". Ils sont des électrons libres qui déposent leurs grains de sel et leurs pixels. Cette mise au point pour souligner que ces photographes savent bien qu’il n’y a pas de possibilité de langage transparent qui éliminerait la fiction. Ils fouillent, via la coupe du temps de la photographie, ce monde qui sans cesse échappe. Ils essayent, en le mettant sous l’ordre de leur regard, de le voir, pour tenter de le comprendre et de nous le dire. Les sujets sont graves, ils cartographient les inquiétudes du siècle engagé : la  guerre, l'exil, la pollution implacable de l’économie, les conflits religieux, le choc des cultures, le cynisme de l’écroulement versus l’apparition d’industries… Certes, nous ne découvrons rien de fondamentalement nouveau dans cette liste, ce qui est nouveau apparaît dans la manière dont chacun s’empare de son sujet, cherche et trouve une écriture juste qui lui correspond. Tous nous convient à les accompagner dans leur enquête par des formes visuelles très maîtrisées, la couleur, le noir et blanc ne sont jamais des effets, c’est un choix efficace et assumé. 

Leurs façons de se confronter au monde, les formes qu’ils emploient, sont autant de fictions du réel. Dans la manière qu’ils ont d’approfondir leur sujet, ils l’exposent et s’exposent dans le même temps ; leurs états d’âmes sont absolument perceptibles, nous sommes en prise directe avec leur appréhension et perception, leur photosensibilité. Ils ne traitent pas de sujets éloignés d’eux, ce ne sont pas des reporters envoyés couvrir un sujet, ils sont leur propre commanditaire et ne sont pas là par hasard. C’est une photographie concernée où l’on comprend l’engagement, point d’effet périphérique, que de l’évidence et de la nécessité. Par cette démarche ils nous invitent à découvrir des situations, des contrées, ils nous instruisent et nous enseignent."
                                                                                                                                    
Jacques Damez

© Ioanna Sakellaraki