LE CREUX DE L'ENFER / AUVERGNE-RHÔNE-ALPES // PUY-DE-DÔME

Éclats #1 - Constellation provisoire

du 21 février au 26 avril 2020

Emma Baffet, Chlöé Bedet, Romain Blanck, Camille Bouaud, Clément Dupont, Joëlle Forestier, Lény Labeaume, Amy Matthews, Etienne Mauroy, Stanca Soare, Amélie Sounalet, Victor Villafagne 

Vernissage : le 20 février 2020 à 19h. Navette gratuite au départ de Clermont-Ferrand à 18h : Gare routière les Salins – place Gambetta. Réservation obligatoire au 04 73 80 26 56 ou info@creuxdelenfer.fr

Commissariat : Aurélie Barnier

Horaires : du mardi au dimanche, de 14h à 18h

Entrée libre et gratuite

Structure : Le Creux de l'enfer

Site internet du Creux de l'enfer

L’exposition collective Éclats propose de mettre en valeur le travail de jeunes diplômés des écoles d’art de Clermont-Ferrand, Lyon et Bourges, dans le prolongement de l’expérience des Enfants du Sabbat. Cette première édition, intitulée Constellation provisoire, rassemble 12 artistes choisis pour leurs univers singuliers, lorsque l’école est finie et que tout commence ! Dans ce moment infiniment précieux de basculement, de multiples possibles et de merveilleuse incertitude, ils ont été invités à penser des modes de production d’aujourd’hui, écoresponsables voire collaboratifs, dans le contexte spécifique du patrimoine industriel de deux anciennes usines, au sein de la vallée du même nom. L’exposition, fondée sur l’acception personnelle de l’expérience et sur une écriture collective, vise autant à susciter des échos entre les oeuvres et les pratiques, allant de la peinture à la sculpture, du dessin à l’installation, de la photographie à la vidéo, que leurs dissonances dans le temps et dans l’espace.

Réunis à Thiers à l’automne 2019, les artistes ont découvert la ville, certaines de ses caractéristiques sociologiques, l’histoire de la coutellerie et de la céramique ainsi que les techniques de fonderie, plasturgie et imprimerie en rencontrant des entrepreneurs et créateurs dans la région. Ce contexte global de production lié aux notions de manufacture, machinerie, technologies, outils ou postures a nourri recherches et réflexions sur leurs propres conditions de travail et sur la distinction entre temps de réalisation et de diffusion, entre nécessités de matérialiser une conception et d’en limiter l’empreinte écologique. 

Ainsi avisés des ressources locales et attentifs à la mise en oeuvre des matériaux, ils ont collaboré avec d’autres artistes, des artisans ou entreprises pour imaginer des pièces dédiées aux usines du Creux de l’enfer et du May. Aussi ont-ils tenu compte de leur architecture étonnante et de l’omniprésence de la nature, y compris à l’intérieur des bâtiments par le jeu des vastes fenêtres et la pénétration abrupte du rocher dans le centre d’art.

Pour certains projets, la coutellerie ou simplement le profil d’une lame et d’un manche deviennent motif ou moteur. D’aucuns tirent leurs lignes d’ornements, graffitis thiernois ou autres formes inscrites dans la ville. Et beaucoup explorent le concept de passage, celui des corps des ouvriers dans les lieux investis, celui du temps sur les usines, celui des habitants à Thiers, parfois pour quelques mois, celui des visiteurs aussi, celui de la planète à l’ère de l’anthropocène, celui des artistes enfin, à double titre : de l’école d’art à la vie professionnelle et dans ces espaces où ils sont invités à agir pour un temps donné. Rite de passage, passage de relai ou lieu de passage sont autant d’expériences physiques et mentales renvoyant à la solitude ou la rencontre, toujours provisoires. Or les oeuvres d’Éclats #1, toutes signes d’un univers, dessinent une constellation, par essence de l’ordre de l’immuable. D’où l’ambiguïté du sous-titre, qui se révèle pourtant évidente pour évoquer à la fois l’unité et la diversité des propositions.

Conçue comme une expérimentation collective, l’exposition repose tant sur le risque et la surprise que la confiance, en soi et dans l’autre. Sur le fond – le choix des oeuvres – comme sur la forme – leurs implantations dans les usines – elle est le résultat d’un partage de connaissances, compétences et idées, de la confrontation de points de vue jusqu’à l’heureux consensus qui, in fine, fait société !La constellation est ainsi celle de l’éclat de chaque artiste et de chaque oeuvre, comme du tout provisoire, qu’ensemble ils constituent. Juste avant que tout disparaisse, tout continue. 
Aurélie Barnier, commissaire de l’exposition