ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE DES BEAUX-ARTS (ENSBA) DE LYON / AUVERGNE-RHÔNE-ALPES // RHÔNE

Inventer le lieu à son endroit ! - Épisode 3

du 13 décembre 2019 au 18 janvier 2020

Vincent Ceraudo, Lek M. Gjeloshi, Marion Roche, Bernhard Rüdiger

Vernissage : le 12 décembre 2019 à 18h30

Un projet de : Yann Annicchiarico, Axelle Bonnard, Vincent Ceraudo, Michala Julínyová, Sophie Lamm, Jennifer Lauro Mariani, Maïté Marra, Marion Roche, Philippe Rousseau, Bernhard Rüdiger

Horaires : du mercredi au samedi, de 13h à 19h. L’exposition est fermée pendant les vacances de Noël du 22 décembre au 7 janvier.

Entrée libre et gratuite

Structure : École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA) de Lyon

Site internet de l'ENSBA Lyon
Section consacrée à l'ACTH

Cette exposition est organisée en résonance avec la Biennale d'art contemporain de Lyon 2019

Trois expositions, ou une exposition expérimentale de l’Unité de recherche Art Contemporain et Temps de l’Histoire (ACTH).

Le Kosovo a "inventé" son territoire et sa géographie sur les noms des héros et anonymes de sa guerre d’indépendance. Témoigne aussi de cette invention, par exemple, son drapeau dont la conception a été soumise à concours. Driton Selmani, artiste kosovar, a contesté la légitimité du drapeau albanais, expression communautaire exhibée par la ville de Pristina, dans son action Red Tape en 2018. [2] Sans la moindre autorisation il a remplacé l'énorme drapeau flottant dans l'espace public par celui des arbitres de touches au football, un damier rouge et jaune qui, levé par l'arbitre, signifie autant la faute que le hors-jeu. Irène Mélix, lors de son séjour à Pristina, voyait dans un étendard noir un possible drapeau pour ce pays fêtant ses dix ans d’indépendance. [3]

Cependant, ce projet d’exposition n’a pas pour sujet le Kosovo, ni Pristina, ni même la rue du Dr Shpëtim Robaj. Il s’inscrit avant tout dans une recherche prenant pour objet "l’invention". L’invention de lieux de mémoire, des noms ou des symboles, n’est pas dans cette histoire locale et tragique une simple création ex nihilo ou un recommencement sans racine. Quand on affirme que le Kosovo de l’après-guerre yougoslave a inventé son territoire, on entend le mot invention selon l’emploi qu’en fait Pier Paolo Pasolini en approchant cette notion par son étymologie latine : Invenire, qui signifie "venir (venire) sur (in) quelque chose, trouver, rencontrer". L’invention, souligne Anne-Violaine Houcke dans sa lecture de l’œuvre pasolinienne, "est un phénomène de rencontre entre un sujet engagé dans une démarche vers quelque chose, et un "quelque chose" en attente d’un regard qui le découvre". [4] [...]

[2] Driton Selmani, Red Tape, 2018 : http://dritonselmani.com/red-tape/
[3] « À deux pas de BKUK », blog de voyage d'Irène Mélix et Maïté Marra
[4] Anne-Violaine Houcke, Ignoti, banditi, dimenticati : le (hors-)champ de l'Italie (post-)fascisme/la fracture interne, in Laurence Schifano et Antonio Somaini (dir.), Que viva Mexico! Anthropologie, archéologie, modernité, Paris, Presses Universitaires de Nanterre, coll. L’œil du cinéma, 2015.

Design graphique : Noémie Besset