LE BLEU DU CIEL / AUVERGNE-RHÔNE-ALPES // RHÔNE

Les 55 Jours de Pékin ou l'art du confinement

du 2 octobre au 28 novembre 2020

Caroline Bach, Fabienne Ballandras, Emmanuelle Coqueray, Thierry Girard, Arno Gisinger, Pascal Hausherr, Guillaume Janot, Karim Kal, Amandine Mohammed Delaporte, Jurgen Nefzger, Silvana Reggiardo, Jacqueline Salmon

Vernissage : le 1er octobre 2020, de 15h à 20h30

Horaires : du mercredi au samedi, de 14h30 à 19h

Entrée libre et gratuite

Structure : Le Bleu du ciel

Site internet du Bleu du ciel

Le Bleu du Ciel a vingt ans d’existence cette année. Pour l’occasion nous présentons à la rentrée deux expositions anniversaires consécutives qui rendront compte de l’esprit qui a animé la programmation tout au long de ces années, esprit synthétisé dans le concept de « l’état du monde ».

Ce qui importe aujourd’hui dans la photographie à tendance documentaire est de tracer un portrait artistique en interaction avec les évènements qui agitent la société. L’auteur·rice photographe est devenu·e sociétal·e. Il·elle doit imprimer sa subjectivité créatrice sur le constat qu’il·elle fait du monde environnant. Artiste « concerné », il a le devoir de se transformer en « lanceur d’alertes d’art », en renouvelant les formes porteuses de sens et de compréhension. Des formes qui auront d’autant plus de force sur l’esprit du spectateur, qu’elles l’interrogeront aussi sur le médium et sur son pouvoir esthétique. Cette approche marquant la différence fondamentale avec la photo de reportage, qui ne relève pas de la créativité mais de l’information.

« Les 55 jours de Pékin ou l’art du confinement ». Pour ce premier volet, nous avons demandé à des artistes ayant déjà travaillé au Bleu du Ciel de faire part de leurs réflexions, développées pendant ces 55 jours de confinement en France du 17 mars au 11 mai.

Quatorze artistes ont été contactés, douze ont répondu présents – dans la parité – ayant eu pendant cette période une activité souvent redoublée, dans tous les cas réfléchie, voire mise en chantier dans un moment de consultation de leur parcours. Certains ont fait des images en respectant la distance d’un kilomètre autour de leur domicile comme Jacqueline Salmon, Caroline Bach, Silvana Reggiardo, Pascal Hausherr et Karim Kal. D’autres ont travaillé sur leurs archives numériques, à savoir Emmanuelle Coqueray, Jürgen Nefzger et Guillaume Janot. Ce dernier – transitant entre Pékin et Lyon et présentant cette ubiquité – a permis de faire le lien avec l’approche fictionnelle. Arno Gisinger, Fabienne Ballandras et Amandine Mohamed Delaporte ont pour leur part produit des œuvres originales en pensant la notion de confinement. Pour finir Thierry Girard, qui est à l’origine de notre volonté de monter ce projet, a réuni des images issues d’expositions qu’il a commentées car elles ren-
voyaient à son travail personnel. Tous·tes ont fait preuve de fécondité créative, soit dans l’action soit dans l’analyse et le recul, illustrant parfaitement l’adage second initié par notre commissariat de « l’art du confinement ».

Si cette exposition présente une sorte de bilan rétrospectif pour chacun des artistes, à propos de leurs travaux en général ou de leur approche de l’image en particulier, elle constitue aussi pour le Bleu du Ciel une forme de bilan sur les formes documentaires, exposées depuis vingt ans, en direction des publics. Le temps est venu où l’image contemporaine ne peut plus se replier sur elle-même – dans une approche esthétisante d’ « art pour l’art » – mais s’ouvrir sur une interaction avec d’autres moyens d’expression : vidéos, dessins, estampes, sculptures, documents bruts, éléments sonores, performances, couplés à d’autres disciplines intellectuelles : l’histoire, l’anthropologie, la philosophie, la sociologie, la littérature, etc. Toutes praxis en prise directe avec l’état du
monde actuel et à venir.

© Karim Kal, L'issue 46, 2020